Une progression a été trouvée sur cet appareil.
Dans les galeries de la Roche-Pourrie, sous les racines d’un chêne mort, Krolg commande la troupe la plus redoutée du Bois-Tordu. Redoutée surtout par son propre chef, qui y a déjà laissé trois dents, deux capes et le peu de patience qui lui restait.
Aujourd’hui, le percepteur du roi traverse la forêt en carrosse. La mission tient en une phrase, arrêter la voiture et rapporter le coffre. À vous de guider un chef très fatigué jusqu’au bout de sa journée.
Il fait encore nuit sous la Roche-Pourrie. Les racines du chêne mort pendent du plafond de la galerie, la torche crache une fumée qui pique les yeux, et quelque part au fond, une goutte tombe régulièrement dans une flaque comme une horloge. Krolg relit pour la quatrième fois l’ordre gravé au couteau sur un morceau d’écorce. « Rapporte-moi le coffre du percepteur. Avant ce soir. Gromm. »
Devant lui, sa troupe s’est mise en rang. Presque. Bave, le plus grand, dépasse tout le monde de deux têtes et fixe le mur du fond avec un sérieux admirable. Fifrelin, qui lui arrive à peine au genou, sautille sur place en serrant son arbalète contre lui. Gnasse mâchonne une lanière de cuir, sans doute sa propre ceinture. Moisie tient un parchemin à l’envers et remue les lèvres pour faire croire qu’elle lit.
« Bave, tourne-toi. Dans l’autre sens. Voilà. » Krolg prend une grande inspiration. « Le percepteur du roi des humains passe à midi sur la route des Saules, avec son carrosse. On l’arrête, on prend le coffre, on rentre. Des questions ? »
Fifrelin lève la main. « Gromm, il a cassé le sien, de coffre. Le fond a lâché mardi, avec tous ses boutons dedans. »
« Ce n’était pas une question, Fifrelin. »
Bave lève la main à son tour, avec la lenteur d’un arbre qui pousse. « C’est quoi, un percepteur ? »